farioli
13 sept

La lune se lève à l’Est


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lune-chinoise.jpgC’est vrai que nous artistes nous nous reproduisons comme des canards, je veux dire des lapins. C’est ce que j’appelle le traumatisme du Don. Oui, Don avec D majuscule comme le fleuve, pour parodier l’explication du désespoir des poètes par Tchekhov, lorsqu’il explique que les milliers d’étudiants poètes jettent leurs productions dans le Don.

L’art contemporain en chine se développe à l’allure de la progression du taux de croissance du PIB. Comme il est expliqué dans l’article de Le Temps.CH :
Amorcé à Pékin il y a une dizaine d’années, le phénomène s’accélère. Les galeries, les lieux d’expositions, les musées se multiplient; le nombre des artistes augmente exponentiellement. Or cette croissance est étroitement liée à l’explosion symétrique de la demande en art contemporain chinois et asiatique sur les marchés occidentaux.
Une chose est donc assurée : les artistes chinois se développent plus vite que le Panda.
On imagine avec effroi toute cette production qui confirme que l’art se réduit à une marchandise d’usage et rien d’autre maintenant. Cette pression productive je l’ai ressentie dans les sentiments d’échec que l’on a lorsqu’on ne produit pas assez. Ralentir presque jusqu’à l’immobilisme a été ma position de principe baroque. Et j’ai pu réaliser des petites choses sans importance qui m’auraient été impossibles de réaliser si j’avais laissé la pression du monde me transformer en citron des quatre saisons. Je ne pense pas que cette ancienne position arrogante soit encore l’ordre du jour. Les artistes chinois vont nous surprendre, car ils n’ont pas sur en bandoulière l’honneur humain. Ils se foutent comme d’une gigne de Guy Debord, eux ils préfèrent Domenico Dolce et Stefano Gabbana à Marcel Duchamp ou  Joseph Beuys.
J’imagine. Ils vont tous courir le demi-fond après la gloire et l’argent sans qu’une larme coule de leurs yeux, lorsqu’ils voient l’inflation galoper crinière au vent à leur côté. J’imagine. Certes, dans un atelier crasseux de Pékin comme le mien, il doit bien y avoir mon alter plus ou moins égal, un pékin, con comme la lune montante devant le Kyrie (voir plus haut). L’exception qui confirme que la chine artistique plus que s’éveiller et d’entrebâiller aux corneilles, fait les trois-huit. Cela dit, il faut toujours planter les légumes en lune montante et coupe le bois en lune descendante quoique les avis divergent sur le sens de la lune.
Cela ne m’empêchera jamais de penser avec certitude que la quantité est la sœur jumelle, blonde platine, de l’oubli. L’oubli, étant une belle brune aux yeux bridés et malicieux.